Caracole, à Falmignoul: la bière au feu de bois

Non, pas le chanteur mais l’écrivain britannique, aujourd’hui disparu, auteur d’ouvrages de référence incontournables sur la bière et le whisky.
L’histoire de la « Caracole » (qui évoque jusque sur ses étiquettes l’emblématique escargot namurois) n’est pas banale. Elle remonte à 1765. La famille Moussoux établit sur les hauts de Dinant, à l’époque répartie entre la Principauté de Liège et le Comté de Namur, une brasserie qu’elle exploita jusqu’en 1939.
Au fil de sept générations, elle était devenue l’une des principales brasseries de Wallonie. Les Lamotte la reprirent jusqu’en 1971 en produisant notamment une bière « Ménage » toute légère (3º), typique de ce que l’on appelait alors des bières de table. L’aventure prit fin en 1971 et il fallut attendre plus de vingt ans pour qu’elle redémarre.
Deux amis s’en chargeront. Jean-Pierre Debras, ingénieur brasseur et François Tonglet, un fou de bières, qui en vend plusieurs centaines dans son magasin de Namur. Deux ans de travaux seront nécessaires pour rendre le vieil outil à nouveau opérationnel. L’exploitation de la « Caracole » (François Tonglet est seul aux commandes, entouré d’une toute petite équipe) approche les trente ans. Elle a même survécu à la crise sanitaire qui l’a ébranlée, étant donné qu’elle n’est pas installée dans les réseaux de grande distribution et qu’elle fournissait largement le secteur Horeca.
Depuis le début, l’exportation (notamment les Etats-Unis) absorbe une importante part de la production d’environ 1600 hectolitres de cette brasserie où le mot « artisanat » prend réellement tout son sens, à ne pas confondre avec « micro-brasserie ».
On s’en rend très bien compte en visitant les lieux. C’est un peu comme si le temps s’y était arrêté sans altérer la passion -intacte et vibrante- de François Tonglet.
Falmignoul était jadis réputé pour son curieux et incomparable Musée du Cycle. D’une certaine manière, la « Caracole » a pris le relais et draine un flot de visiteurs important. Ce qui frappe d’emblée, ce sont les immenses cuves en cuivre qui reçoivent 850kg de malt concassé mélangés à de l’eau chauffés au feu de bois pour le brassin en principe hebdomadaire. Quand le moût est porté à ébullition on y ajoute le houblon et différentes épices (secret défense !). Après décantation et refroidissement, le moût est dirigé vers la cuve de fermentation, ensemencé de levures pour donner la bière qui sera embouteillée (après ajout de sucre) avant de produire sa seconde fermentation dans une chambre chauffée à 25º, une histoire de trois semaines.
Et ce n’est pas de la petite bière que l’on produit à Falmignoul ! Ainsi, la « Caracole », ambrée, produit-phare de la brasserie éponyme, titre 7,9°. La brune « Nostradamus » culmine à 8,1°, la blonde Saxo (petit clin d’œil à Adolphe, né à Dinant) tape à 7,7°, la Troublette, blanche, est la plus légère de toutes avec 5,6°, tandis que la « Fameuse 1765 » créée pour les 250 ans de la Brasserie stagne à 6,5°. Bières dites classiques ou également produites en « bio ». Les contenants, eux, vont de 33 cl au magnum. Vous pourrez en juger à l’aise en vous attablant à la taverne de la brasserie qui, elle aussi, semble délicieusement vous inviter à remonter le temps.
Brasserie Caracole, 86 Côte Marie-Thérèse, 5500-Falmignoul. 082/74.40.80. Magasin ouvert du lundi au vendredi. Visites particulières les samedi et dimanche entre 14 et 19h. Avec dégustation de 4 galopins de 8cl. Les groupes sont accueillis toute l’année sur réservation. Des dizaines d’autres brasseries sont ouvertes aux visiteurs sur www.visitwallonia/bieres.
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