Malgré la qualification pour l’Euro, les Diables ont joué à se faire peur à Vienne

Avec une extrême facilité puis dans la douleur, les Diables ont validé leur billet pour leur 21e phase finale d’un grand tournoi. La 22e si l’on prend en compte le Final Four disputé à Turin en 2021. Concernant le seul championnat d’Europe, la 7e participation est officiellement acquise depuis hier soir au Prater de Vienne, à l’endroit même où a débuté l’ère 2.0 de l’équipe nationale en mars 2011. Dans les jours qui précèdent le match d’ouverture du 14 juin à Munich, les hommes de Tedesco mettront donc le cap sur l’Allemagne. Ils connaîtront leur groupe le 2 décembre à Hambourg.
1. Une première à deux attaquants pour un 4-4-2 inédit
En matière de diversion, Domenico Tedesco nous a fait une Roberto Martinez en ne tarissant pas d’éloges à propos de Carrasco en Arabie Saoudite puis en le scratchant du onze. « He’s on fire », affirmait-il jeudi. Tout cela pour finir par le laisser sur le banc pendant une mi-temps.
Jamais d’usage sous Martinez au coup d’envoi de ses 80 matches, ce bon vieux 4-4-2 de l’ère Waseige a produit l’effet escompté pour contrer le « gegenpressing » autrichien. Outre l’association Openda-Lukaku, curieusement un peu molle, l’activité des deux flancs occupés par Lukabakio et Doku s’est surtout révélée déterminante. La lecture du but d’ouverture belge est significative à ce propos. Une phase où Castagne a propulsé Lukebakio vers le fabuleux destin de l’ailier sprinter qui efface tout ce qui vient à lui, résiste à la dernière charge et puise dans ce qui lui reste de lucidité face au gardien adverse, pour encore trouver le moyen de le contourner avec toute la subtilité requise.
L’Autriche pensait que le danger principal viendrait du duo d’attaquants. Ce furent les flancs tricolores qui plantèrent la première banderille avant un retour à un schéma plus classique en 4-2-3-1 en seconde période. Avec Carrasco.
2. Le Doku show et le doublé de Lukebakio avant l’inévitable Lukaku
L’ailier de Manchester City a évolué dans son registre d’un début très remarqué en Premier League (2 buts et 1 assist en 8 rencontres, dont 7 incomplètes). Le pauvre Siewald a cauchemardé toute la soirée et se réveillera ce samedi avec un mal de crâne de lendemain de la veille. Si Doku a régalé et notamment sur son assist sur le 3e but belge, c’est Lukebakio qui est passé par la caisse pour ouvrir officiellement son compteur sous le maillot de la sélection pour sa 11e apparition. Un raid somptueux sur le but d’ouverture puis une frappe doublement déviée.
Restait à mentionner qu’une sortie de l’équipe nationale sans un but de Lukaku est un fait trop rare pour qu’il se répète. Le déplacement en Azerbaïdjan étant l’exception qui confirme la règle, l’attaquant de la Roma y est donc allé de son 78e but en 111 sélections. Le 9e de cette phase qualificative qui assoit encore un peu plus sa domination sur ce classement devant un certain Mbappé, ou encore Haaland, Hojlund et McTominay (6).
Un but censé mettre fin à tout suspense… avant que ne tombent deux buts autrichiens : l’un via le poteau, l’autre sur un penalty provoqué par une main de Theate. Et entre ces deux rugissements du dernier espoir, survint l’exclusion d’Onana pour deux avertissements. Ce qui lui vaudra une suspension automatique face à la Suède et qui lui a valu de vivre les dernières minutes de la partie avec le stress de devenir potentiellement le coupable d’un retour autrichien.
3. Tedesco fait mieux que Goethals et… Vandereycken
En conservant son brevet d’invincibilité depuis le premier match en Suède, le sélectionneur des Diables affiche un bilan de 6 victoires pour un nul face à l’Autriche (1-1). Une série d’invincibilité de 7 rencontres qui lui permet de dribbler Raymond Goethals (1968) mais aussi René Vandereycken (2006), les deux seuls sélectionneurs de l’Histoire à avoir débuté leur mandat par une invincibilité de 6 matchs. Avec 90,5 % des points mis en jeu (19 sur 21) et une qualification pour l‘Euro acquise en 7 mois, Tedesco a fait mieux que le job : il s’est installé à la table des négociations pour un éventuel renouvellement de contrat une fois acquise la nomination du nouveau CEO attendue pour la fin de l’année civile. Tedesco est désormais en position de force. Comme le fut Martinez.











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