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Nicolas Sirkis (Indochine) : « Le sketch des Inconnus, c’était violent »

Nicola Sirkis se raconte et raconte Indochine, avec ses hauts et ses bas, dans ce documentaire de Laurent Delahousse.
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« Comment c’est possible qu’ils existent encore aujourd’hui et qu’ils remplissent toujours des stades ? » C’est par ces mots que commence le documentaire « Indochine, une révolution musicale », retraçant les quarante ans d’existence du groupe pop rock français qui a défié tous les pronostics. Car qui aurait pu imaginer, au début des années80, que Nicola Sirkis serait encore là et bien là, quatre décennies plus tard, avec toujours cette coiffure iconique (mais désormais argentée) si souvent moquée mais finalement indémodable, à l’image de ses tubes ? « J’ai toujours pensé que nos chansons étaient intemporelles », confesse le leader d’Indochine. « Ça peut paraître prétentieux, mais j’ai toujours cru que nos chansons passeraient à travers le temps et seraient indémodables. »

Des chansons souvent en avance sur leur époque. Notamment en ce qui concerne l’évolution des mœurs avec « 3e sexe », titre emblématique de toute une génération. « Cette chanson a mis des mots sur une réalité confuse qui était déjà la mienne », explique ainsi Christine and the Queens dans le documentaire. « C’est l’ivresse de se sentir comprise, racontée, d’avoir un espace à soi dans la pop culture. Et d’appréhender la question de la non-normalité comme voie de joie. Quand Nicola m’a proposé de faire une reprise de la chanson, j’ai marché dehors toute la journée tellement j’étais contente. »

Un morceau devenu culte mais pour lequel Nicola Sirkis a pourtant dû se battre. « Certains membres du groupe ont mal compris la chanson, tout comme la maison de disques, qui a pris ça comme si je faisais mon coming out, alors que ce n’était pas du tout cela. On me disait que je ne devais pas sortir ce titre, que c’était une chanson de pédé, que j’allais perdre tout mon public féminin. »

La chute

Mais après le triomphe des années 80, il y aura la chute, vertigineuse, durant les années90. « La presse a été d’une violence… On dénigrait mon public en disant que c’était des groupies de pacotille. » Sans parler du fameux sketch des Inconnus, « Isabelle a les yeux bleus », que Nicola prendra très mal. Un manque d’humour et d’autodérision ? En partie sans doute. Mais pas seulement, comme il le révèle. « La femme de mon frère Stéphane venait d’accoucher, ça s’était mal passé et elle avait dû être transportée en urgence. Je restais chez lui et il y avait une rediffusion à la télé de ce sketch que je n’avais jamais vu. C’était violent : lui était en train de souffrir, il ne savait pas si sa fille allait s’en sortir et la moitié de la France se foutait de notre gueule. C’est quand même cher payé ! »

La descente aux enfers se poursuivra avec le départ notamment de Dominique Nicolas du groupe. « Quand les autres nous ont quittés, ça n’a pas été simple, on s’est fait jeter comme de vieilles serpillières par la maison de disques. Mais Stéphane et moi, on a continué. » Stéphane, le frère jumeau de Nicola, se réfugie dans les paradis artificiels. Il décède en 1999, à 39 ans, officiellement d’une hépatite foudroyante. En réalité, il s’agit d’une overdose qui aurait été volontaire. La fin ? Non. Trois ans plus tard, Indochine renaît de ses cendres grâce à un tube, « J’ai demandé à la lune », écrit par Mickey 3D. Nicola Sirkis est remis sur orbite. Un sommet qu’il n’a depuis plus jamais quitté.

« Indochine, une révolution musicale », 19 avril, 21h10, France 3.

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