Voici les deux entraîneurs qui sont sur la short list pour la succession de Domenico Tedesco à la tête des Diables rouges
Ce vendredi, cela fera très exactement deux mois que le sort de Domenico semble scellé… sans l’être encore officiellement. Au soir d’une défaite désespérante à Budapest face à Israël (1-0) en clôture de la phase de poules de la Nations League, le sort du technicien allemand ne semblait plus tenir qu’à un fil. Depuis celui-ci n’a toujours pas rompu. La situation financière délicate dans laquelle se trouve l’Union belge après un dernier exercice fiscal à -11,88 millions n’est évidemment pas étrangère à cette sorte d’acharnement thérapeutique qui maintient cette situation d’entre-deux dans l’équivalent d’un coma artificiel.
Jusqu’au 31 juillet, soit la fin du mois en cours après l’élimination des Diables à l’Euro en huitièmes de finale, la Fédération aurait pu faire jouer une clause contractuelle prévoyant un dédit de 850.000 euros en cas de limogeage. Faute d’être actionnée, cette condition suspensive du contrat a fait basculer l’accord de collaboration dans une autre dimension.
Celle-ci prévoyait par la suite que toute séparation du fait de l’une des deux parties, prévoyait une indemnité de 1,45 million jusqu’au 31 décembre 2024. Promu Directeur national du football masculin le 2 décembre dernier, Vincent Mannaert s’est évidemment enquis de la dégressivité de la clause au passage de l’an neuf. D’après nos informations, la liberté contractuelle de Tedesco ne se chiffrerait désormais plus qu’aux alentours du million d’euros. Un montant que les administrateurs de l’Union belge espéreraient encore raboter au prix de négociations futures, nous glisse-t-on au sein du cénacle tubizien.

Xavi a lui aussi été approché
Pour l’heure, pas question de gros sous. Du moins pas encore, puisque l’évaluation de Tedesco par Mannaert semble toucher à sa fin. Parallèlement à cette procédure que beaucoup commencent à considérer comme un manque de classe envers un homme dont le principal reproche n’aura finalement été que d’avoir été dépassé par ses émotions de jeune entraîneur lors d’un Euro encore trop grand pour lui.
Parallèlement à cette lente agonie, les recherches pour un successeur se poursuivent. Depuis son entrée en fonction, Vincent Mannaert multiplie les consultations auprès d’experts internationaux ainsi que les consultations en direct avec les candidats potentiels. Parmi ceux-ci, tout comme Sudinfo et Le Soir l’avaient évoqué en fin de semaine dernière, Sergio Conceiçao avait longuement conversé avec le nouveau DTN sur l’éventualité d’une collaboration avant de se faire détourner en plein vol en direction de l’AC Milan. Mannaert est également revenu à la charge concernant Michel Preud’homme dans l’espoir de l’infléchir. Mais en vain, l’ancien entraîneur du Club de Bruges ne se montrant ouvert, nous dit-on, qu’à l’une ou l’autre mission de consultance en cas de besoin pour des analyses de match ou d’adversaires.
Dans le même temps, Xavi a lui aussi été approché. Mais l’ancien champion du monde (2010 et double champion d’Europe (2008, 2012) a poliment refusé l’offre malgré sa disponibilité suite à sa fin de parcours au FC Barcelone en mai dernier. Le Catalan préfère se consacrer à la recherche d’un club plutôt qu’adopter le rythme très particulier d’une sélection nationale. Une réflexion identique du côté d’Erik Ten Hag, débarqué en cours de route par Manchester United et qui s’apprête, selon la rumeur, à signer au Borussia Dortmund.
Pas de présence sur la short list de Mannaert pour l’Espagnol et le Néerlandais, donc. De même que pour Mark van Bommel qui n’a jamais été une option malgré des bruits de couloirs qui se sont vite révélés infondés. L’ancien coach à succès de l’Antwerp n’est plus dans les bons papiers de Sven Jaecques, son ancien CEO au Bosuil et par ailleurs membre influent de la Commission technique de l’Union belge. Pas question pour les deux hommes de collaborer dans un autre contexte après une séparation qui n’a rien eu d’amiable. Ni d’aimable d’ailleurs.

Garcia : les Bleus, c’est non
Bien placés dans l’agenda électronique de Mannaert, les Français Thierry Henry et Rudi Garcia patientent actuellement en salle d’attente. Le premier nommé est sorti ragaillardi de son parcours olympique avec la France, où il a atteint la finale des JO. Plébiscité par les anciens du noyau des Diables (Lukaku, De Bruyne et même Courtois et Vertonghen qui ont été consultés), Henry constituerait la solution rêvée à leurs yeux. Reste à savoir si ses tarifs sont abordables étant donné qu’en se liant à la Fédération belge, il se trouverait dans l’obligation de renoncer à sa consultance télévisée de 5 millions annuels sur Sky Sports.
Lors de son année passée à la Fédération française de Football, Henry émargeait à 40.000 euros mensuels. Une rémunération qui devrait s’envoler en cas de négociations futures avec l’Union belge dont le budget sera défini en fonction de l’accroche avec le futur candidat, nous glisse-t-on du côté du Centre national.
Quant à Rudi Garcia, il figure également en très bonne position pour devenir le 12e sélectionneur étranger à la tête des Diables. Depuis son limogeage à Naples il y a un peu plus de 15 mois, le technicien français reste dans le flou quant à la suite de sa carrière. Dès la confirmation du départ de Didier Deschamps à la tête des Bleus à l’issue du Mondial 2026, il s’était timidement positionné pour sa succession éventuelle, tout en sachant que ses chances se réduiraient à rien ou presque dès le moment où Zinedine Zidane entrerait en lice. Du coup, pourquoi ne pas tenter le coup de l’autre côté de la frontière en Belgique ?
En attendant d’être fixé sur son sort, Domenico Tedesco continue à vivre le plus sereinement possible, assis sur son siège éjectable. Avec pour seul suspense, le moment où Vincent Mannaert, appuyé par le CA de l’Union belge, décidera d’appuyer sur le bouton.
Philippe Albert dresse le bilan 2024 des Diables rouges : « Je n’ai plus envie de revivre cette période où j’étais honteux d’être belge par rapport à l’équipe nationale »
Des trois équipes nationales, seules les Red Flames ont atteint leur objectif. « C’est à souligner mais, si c’est une façon de se consoler pour certains, il ne faut pas mélanger », poursuit Philippe Albert. « 2025 ne peut pas être pire que 2024 : un championnat d’Europe bâclé, une campagne en Nations League où on n’a pas existé. Il faut passer un cap et espérer que cela se passe mieux parce qu’il faut rester malgré tout positif. »
Évidemment, le dossier de l’avenir du sélectionneur le titille. « Avec ou sans Domenico Tedesco ? Sans lui, ce serait mieux. Mais si la Fédération décide de continuer avec lui, il faudra l’accepter et le soutenir au maximum parce que c’est l’avenir du football belge qui est en jeu. Même avec Tedesco, on doit se qualifier pour le Mondial 2026. Je crois cependant qu’une rupture s’est créée et la Fédération doit prendre une décision le plus vite possible. Après ce qui s’est passé au tirage au sort, cela ne sent pas bon pour lui. Il devait y aller, pour pouvoir s’exprimer, ou être mis dehors en lui payant ce qui est dû et prendre un autre qui aura le temps de préparer les barrages contre l’Ukraine et les qualifications dans les meilleures conditions possibles. Pour l’instant, c’est la politique de l’autruche. C’est une histoire belge : on tarde à prendre la décision, quelle qu’elle soit, pour gagner quelques centaines de milliers d’euros mais p… l’avenir de notre équipe nationale est en jeu. Il faut trancher dans le vif. Si Tedesco est viré, Courtois, Lukaku, De Bruyne sont des problèmes à régler le plus vite possible. »
« Si un cadre ne se sent pas apte à aider la nouvelle génération, qu’il prenne ses responsabilités, qu’il le dise et ne vienne pas avec des souliers de plomb… »
En effet, plusieurs Diables n’ont pas joué leur rôle ou ne viennent plus en sélection, ou alors par intermittence. « Tedesco n’est pas le seul responsable : les joueurs doivent aussi se regarder dans le miroir. Jeunes comme anciens, ils n’ont pas joué à leur niveau. Mais un coach est payé pour tirer le maximum de son groupe. S’il n’est pas capable. Il saute en premier. Si un cadre ne se sent pas apte à aider la nouvelle génération, qu’il prenne ses responsabilités, qu’il le dise et ne vienne pas avec des souliers de plomb… Moi, j’ai arrêté à 30-31 ans parce que j’avais des problèmes avec Leekens. Venir à contrecœur n’est ni bon pour le groupe, ni pour le joueur concerné. »
« Virer ou garder Tedesco ? Il faut décider vite car on joue avec l’avenir du foot belge »
Pour l’instant, c’est l’Italo-Allemand qui irrite Philippe Albert. « Il y a un an, j’aurais eu un avis différent sur Tedesco. J’attendais autre chose à l’Euro 2024 : finir premier du groupe et aller loin. Cela ne s’est pas produit. Le premier fautif est Tedesco qui a pris des décisions à l’emporte-pièce, je ne vais pas revenir dessus. Et quand j’entends certains Diables dire que l’Euro a été une réussite, on se fout de la gueule de qui ? J’ai horreur qu’on me prenne pour un con (sic). Individuellement, collectivement, tactiquement, on a été la risée de tout le monde. On l’a été entre 2002 et 2012, je n’ai plus envie de revivre cette période où j’étais honteux d’être belge par rapport à l’équipe nationale. Tout le monde se foutait de notre gueule, on ne se qualifiait pour aucun tournoi et il y avait 4.000 (sic) personnes au Heysel. Qu’on parle d’une piste étrangère ne me gêne pas. Si Vanhaezebrouck ne veut pas et si Preud’homme a décidé d’arrêter, il faut respecter leur décision mais il faut avancer. Tedesco a eu sa chance, il ne l’a pas saisie, bon vent à lui. Si on doit aller chercher un Mark van Bommel ou un Gareth Southgate, qu’on y aille… mais la qualité se paye aussi. »
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5 Commentaires
Pas Garcia SVP. Partout où il est passé les vestiaires ont finis par s’engueuler, notre vestiaire n’est déjà pas unis.
( l’ex entraîneur de Lille, AS Rome, Marseille et Naples ) encore un EX remercie vu ses résultats
Le problème c’est encore faire la coupe du monde avec ce bras cassé. On rigole assez de nous!!!! DD serait le top, CV, expérience, pragmatique, fédérateur….. mais je pense impayable
Boah laissez encore un peu Tedesco, bientôt Deschamps sera disponible mdr
Boah laissez encore un peu Tedesco, bientôt Deschamps sera disponible mdr